Nouvelles réceptions de la Poéthèque

MIRABILIA – n°66 – Printemps 2021

Ce nouveau numéro de cette revue éditée par l’association La Goutte d’eau, et dédiée au merveilleux dans la littérature, est entièrement consacré au théâtre. Au travers de huit entretiens, les éditeurs de cette revue nous font entrer dans cet univers : publics, comédiens, auteurs, metteurs en scène, scénographes, costumes et lumières sont tour à tour évoqués.

En cette période où le théâtre a tant souffert de la pandémie, et peine à retrouver un second souffle, leur initiative est particulièrement bienvenue.

C’est le public qui ouvre le numéro avec Karim Haouadeg, nous livrant ses souvenirs de spectateur et son expérience de critique de théâtre. Pour lui, l’essentiel, quand on est spectateur, est de recevoir quelque chose que l’on ne trouvera pas ailleurs. C’est ensuite le directeur du Théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes, qui montre le rôle et la place de l’auteur, et prend sa défense, regrettant le peu d’importance que lui accorde le théâtre d’aujourd’hui. Pour représenter les comédiens, Mirabilia a interrogé deux étudiants du Conservatoire national d’art dramatique de Paris, Richard Le Gall et Garance Robert de Macy qui expriment leur plaisir à dire le texte, et soulignent la diversité de leur formation. Danse, musique, clown, mime, escrime …. font partie intégrante de cet apprentissage basé sur la pluridisciplinarité. Céline Codogno et Alexandre Colas, tous deux responsables de la Compagnie du théâtre, nous entraînent sur les routes de campagne et nous présentent leur expérience à L’Hermitière, dans le Perche, et leur Festival. Le spectacle continue avec Eric Ruf, comédien, scénographe, metteur en scène, et aujourd’hui administrateur de la Comédie française, qui nous parle de son métier et des maîtres qu’il a côtoyés : Alain Françon, Jacques Lassalle, Anatoli Vassiliev, Thomas Ostermeier, Jean Vilar, Patrice Chéreau, Antoine Vitez ….

Mais le théâtre ne serait pas sans l’intervention de la scénographie, des costumes et de la lumière. Alain Batifoulier nous livre sa ligne de conduite en tant que scénographe être dans l’écho et non dans l’ego, l’écho de ceux avec qui on travaille, et évoque les évolutions des décors de théâtre. Sarah Leterrier raconte ses débuts avec Nathalie Garraud, costumière au Centre dramatique national de Montpellier, ses recherches iconographiques avant de créer un costume, la manière dont elle habille Hamlet et Ophélie, et bien d’autres … Quant à Bernard Couderc, concepteur lumière, il aborde les évolutions de l’éclairage, les traditions d’un pays à un autre, la place de la lumière dans sa vie dès sa plus jeune enfance.

De nombreuses illustrations viennent enrichir la revue, avec une reproduction de Daumier, des photographies de spectacles, de décors et de costumes, des frises réalisées par Alain Batifoulier. Une bibliographie, regroupant les essais ou les articles rédigés par les personnes interviewées, ainsi qu’une table des illustrations, viennent clôturer l’ensemble.

Un numéro exceptionnel, qui a le grand mérite de donner la parole aux professionnels, et de proposer une approche vivante du théâtre d’aujourd’hui, entre espoir et incertitude du lendemain. Vite, rendons-nous au théâtre et laissons-nous porter par toutes ces voix, par leur savoir-faire, leur passion et leur créativité.

MNG

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